Exposition
"la Passerelle"
Expostion
"Objectif TriAngle"
Expostion
"Panoramiques"
Leur vision triangulaire

Si vous êtes allés au Triangle les derniers temps, vous les avez certainement croisés : Christian Bettinger, Julien Hoffschir et Laurent Troendlé ont grenouillé toute la saison dernière dans l'antre culturel de Huningue pour happer des images. Résultat dès aujourd'hui dans la galerie.
Les trois artistes du clic, de g. à dr : Christian Bettinger, Julien Hoffschir et Laurent Troendlé. (Photo DNA - A.M.)

« La lecture d'une saison en images, c'est mieux qu'en chiffres au niveau émotionnel ! », s'exclame Jacques Lamy-Chappuis, le responsable du Triangle. « Nous avions d'abord un besoin (la constitution d'archives), et puis une envie, faire une exposition sympa ». Ainsi est née "TRI_angle", qui regroupe la sélection d'une centaine de photos sur la banque d'images gigantesque commandée. Une sélection opérée par les trois artistes amateurs de clic.
Point commun : ils ont tous travaillé en numérique et exposent pour la première fois leurs travaux ensemble. A 30 ans, le benjamin de l'équipe, c'est Laurent Troendlé, imprimeur de son état, il s'est naturellement chargé de l'affiche. « J'ai beaucoup appris, souligne-t-il en parlant de son travail au Triangle, il faut retranscrire l'ambiance avec ses jeux de lumière, et sans flash, faire avec ce qu'il y a... » Pour lui, l'émotion est différente quand on a l'oeil collé sur l'objectif.
« J'ai beaucoup accroché sur les spectacles montés par le Triangle et chez les élèves de
l'Académie des arts surtout, car il y a plus de chaleur ».
Son maître de la photo panoramique, c'est Christian Bettinger, 41 ans, qui justement, s'est essayé pour la première fois au monde du spectacle. Vendeur d'appareils photos à Bâle, il s'est installé comme n'importe quel public du Triangle. Ayant couvert plus d'auditions que de spectacles, il a adoré celle des saxophonistes, « c'était vraiment sensationnel ». Il a été subjugué par "Zoll" (avec des comédiens handicapés) même si les lumières étaient vraiment très limites pour sortir une image. « Elles ont parfois été corrigées mais jamais trichées. Julien et moi nous sommes plutôt d'une mouvance classique, et Laurent est très doué en photoshop ». La bidouille peut cependant être sympa, à l'image de ces bulles colorées qui ressortent de l'ombre du personnage.

De la scène à l'ordi

L'ancien de l'équipe, la cinquantaine déjà bien entamée, est bien connu de nos fidèles lecteurs puisqu'il nous fournit nombre de clichés culturels. Sur la saison dernière, Julien Hoffschir se souviendra surtout du "Premier", une pièce qu'il a adorée. « J'ai eu beaucoup de plaisir à faire les photos. Je les ai beaucoup suivis, des répétions à la générale ».
Notre discret barbu est surtout concentré sur la prise de vue (le cadrage, la recherche de la lumière), pas sur les spectacles quand il doit faire des photos. « C'est quand je les regarde dans mon ordinateur que j'ai une émotion ».
Julien signe la magnifique affiche de cette exposition qui symbolise bien les trois entités qui se sont retrouvées l'espace d'une saison. « Les jeunots se débrouillent bien, ils ont beaucoup d'idées, souligne "l'ancien", chacun a une autre vision de la chose. » Chacun restitue son émotion sous un autre angle.

Anne Muller
DNA




Un trio pour un objectif « TRI-angle »

Revivre les moments forts de la saison culturelle 2003-2004 du Triangle de Huningue, c'est possible, jusqu'au 27 février, avec les photos vivantes et artistiques soigneusement sélectionnées par un trio de photographes amis indépendants, le mulhousien Julien Hoffschir, le Ludovicien Christian Bettinger, le rosenauvien Laurent Troendlé.
Un collectif de trois photographes de la région donne à revivre au « Triangle » de Huningue les moments forts de la saison culturelle 2003-2004. (Photo: Mifa Pivot)


Capter la lumière

C'était une commande de Jacques Lamy, le directeur, et son équipe, Steve Ursprung et Élisabeth Hancy, responsable des expositions : fournir une base de données d'images de la saison culturelle du Triangle. Pour les archives, les décorations, les projections (Voeux du Maire, St Nicolas, fête des employés), des illustrations, des affiches, des publicités, des fresques… Et les photographes ont vécu, flashé, mitraillé, une quarantaine d'événements culturels, parfois à trois le même soir, réalisant plus d'un millier de photos (20 à 40 par événement). Ils ont délibérément choisi le numérique (appareils haut de gamme d'au moins 3 méga pixels), très pratique et économique pour archiver, dans un esprit de recherche et de jeu : « Nous avons surtout essayé de capter la lumière », disent-ils. Le résultat en vaut vraiment la chandelle. Les photos, en relief, panoramiques, bondissantes, romanesques, lumineuses, colorées, si vivantes qu'il semble qu'il ne leur manque que la parole, évoquent avec précision et netteté des souvenirs déjà enfouis des spectacles aimés au Triangle.

Photo, émotion, relation

Et chapeau bas pour deux photos noir et blanc (Shop Poa, l'homme qui fait des bulles, et A corps nomades), avec une pointe de couleur, comme la petite fille au manteau rouge du film : La liste de Schindler… « Nous sommes heureux que ces photos puissent vivre quelque part ». Ils sont d'accord tous les trois. Ils, c'est d'abord Christian Bettinger (qui réside à Village-Neuf), vendeur chez un photographe bâlois, un passionné, qui avait choisi dans le secret de son laboratoire, la porte étroite, exigeante, du noir et blanc, du grand-angle, pour coller à la réalité, affinant pendant des heures la beauté d'un grain, adoucissant le velouté des contrastes. Happé par les sirènes du numérique, il a découvert une terre encore vierge, apprenti sorcier de la photo panoramique, où l'espace s'ajoute avec bonheur à la lumière pour des fresques d'un autre type. Sans craindre de passer des heures à rafistoler les défauts, pixel à pixel. Sorti 6e d'un concours mondial d'un éditeur de logiciels, il expose à l'Auberge du Felseneck de Ferrette, chez l'ami Rodolphe Corda, et publie, en 2004, un recueil de photos panoramiques de Bâle, Paris, la région : L'oeil argentique, numérique, panoramique (édité par l'Imprimerie de Saint-Louis, 25 euros), préfacé par Benoît Bandelier. La photo de l'exposition qu'il préfère ? Celle de l'école de musique, « car les enfants sont vraiment charmants… et le bleu de Zoll ». « Je ne me sens bien qu'avec un appareil photo », dit cet admirateur de Cartier-Bresson. « Grâce à lui, je retransmets une émotion, un sentiment, je les prolonge ».

Prêts à repartir !

Vingt ans de photos, Julien Hoffschir, projeteur, 53 ans, qui réside à Huningue, jongle aujourd'hui entre La Coupole et Le Triangle pour traquer les ambiances des spectacles, épris de danse, de théâtre, de concerts. Sa longue silhouette, sa discrétion et sa gentillesse sont devenues indissociables des événements culturels de la région des trois frontières. Son photographe de référence ? Yann Arthus Bertrand. Sa photo préférée. « Celle de la compagnie du Même Nom, de Village-Neuf, fruit d'une complicité entre la troupe et moi ». Malgré son jeune âge (30 ans), Laurent Troendlé (résidant à Village-Neuf), imprimeur, a vécu la magie du noir et blanc. Rompu aux techniques numériques à travers son métier, très doué, il partage avec Christian l'attirance du panoramique. « Je désire retranscrire des instants, des ambiances, les valoriser artistiquement ». On lui doit la déjà célèbre et vaporeuse photo de Claudia, la chanteuse qu'accompagne Jean-Raymond Gelis, image qu'il sélectionne également. Ravis de leur expérience, les trois amis sont frais et dispos pour de nouvelles aventures, appareils en bandoulière…

Mifa Pivot
l'Alasace

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